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#Tunisie: Justice est faite!

  • 29 juil. 2013
  • 2 min de lecture

Certains politiques estiment qu'en libérant des hommes de Ben Ali, la justice tunisienne a ouvert la boîte de Pandore. Et redoutent un retour des membres du RCD aux affaires.

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Premiers mis en cause pour abus de pouvoir et malversations dans la gestion du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, parti de l'ex-président Ben Ali, dissous en mars 2011), Abdallah Kallel, ancien président de la Chambre des conseillers, et Mohamed Ghariani, ex-secrétaire général du RCD, sont désormais libres. Ils n'ont bénéficié ni d'une grâce présidentielle ni d'une clémence de la justice à la faveur du ramadan. L'un a simplement purgé sa peine et l'autre a été blanchi.

Mais ces levées d'écrou en série ne sont pas du goût de tout le monde. La Ligue nationale de protection de la révolution (LNPR), qui a fait de la menace d'un retour de l'ancien régime son fonds de commerce, ne décolère pas. Cette milice islamiste soutenue par Ennahdha et par le Congrès pour la République (CPR), formations qui dirigent aujourd'hui la Tunisie, donne de la voix et ordonne au gouvernement tunisien de réincarcérer, ni plus ni moins, « ces assassins qui ont commis des crimes contre le peuple et le pays ». Elle exige « le nettoyage et le jugement » et menace de « s'en remettre à la rue ». Une position partagée par quelques leaders politiques, dont Abderraouf Ayadi, fondateur du mouvement Wafa (formé en mai 2012 par des dissidents du CPR), et Imed Daimi, secrétaire général du CPR, qui dénoncent le manque d'indépendance d'une justice encore noyautée par le RCD.

Immunisation ou justice transitionnelle ?

Ils savent pourtant que plus rien ne peut être retenu contre Ghariani, et peut-être même pas contre Kallel. Mais cette libération très médiatisée est une occasion supplémentaire pour enfoncer le clou du projet de loi sur l'immunisation de la révolution, qui revient à exclure de la scène politique près de 10 000 Tunisiens, anciens cadres du RCD. Contestée aussi bien par la société civile que par les partis démocratiques, cette proposition soumise à l'Assemblée nationale constituante (ANC) doit être de nouveau débattue en plénière le 23 juillet. Si les formations politiques s'accordent, en général, à rejeter tout ce qui a trait à l'ancien parti au pouvoir, beaucoup préféreraient mettre en place un réel processus de justice transitionnelle qui soit capable de traiter les dossiers de l'ère Ben Ali de manière transparente et équitable.

 
 
 

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