Rémunérations délirantes: Le grand cabaret de la finance et le jeu des conseils d’administration.
- 25 févr. 2015
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Les patrons sont en position de fixer leur propre salaire. En effet, les conseils d’administration des entreprises sont souvent composés de dirigeants ou anciens dirigeants ayant également profité du système. Pour H. Joly, c’est ce « jeu fermé » des conseils d’administration et l’absence de contre-pouvoirs au sein de l’entreprise qui génèrent ces « rémunérations délirantes ».

Globalement en accord avec ce diagnostic, l’économiste Thomas Piketty propose, lui, d’instaurer des taux de prélèvements quasi-confiscatoires (de l’ordre de 80 %) pour les très hauts revenus (au-delà de 1 million d’euros par an). Trois raisons à cela. La première est politique : si on ne le fait pas, alors la colère ne cessera de monter, appelant des politiques peu favorables au marché. La seconde est économique : rien ne prouve que la hausse des rémunérations ait amélioré le rendement et la productivité des dirigeants. La troisième est historique : en 1932, le président américain Theodore Roosevelt avait instauré un taux d’imposition de 91 % sur les revenus supérieurs à 200 000 dollars (2 millions de dollars actuels). Ce taux a été en moyenne de 80 % jusqu’en 1980, où il est retombé aux alentours de 40 %. Et le capitalisme y a (très bien) survécu…
Une perspective qui, naturellement, fait s’étrangler ceux qui trouvent que 40 %, c’est déjà beaucoup, et que l’on pourrait réfléchir à améliorer les performances de l’État au lieu de toujours augmenter ses recettes.
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