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L’image du voile à travers l’art

  • 5 mars 2015
  • 2 min de lecture

Le voile fascine et révolte, passionne et insurge. Tout naturellement, il a suivi le chemin de bon nombre d’éléments subversifs et est devenu une source d’inspiration récurrente pour les artistes de ces dernières années.

Le support d’inspiration visuelle est vaste puisque le voile recouvre une multiplicité de déclinaisons. Hijab, Niqab, Hayek, Foulard et bien d’autres types de voiles sont utilisés tant dans la pratique de la religion musulmane que dans les cultures locales du Maghreb et du Moyen-Orient. Tous différents, marqués par des esthétiques particulières, ils laissent aux artistes nombre de possibilités artistiques.

Qu’ils soient prétexte à dénoncer la condition des femmes ou celle des musulmans dans les sociétés occidentales, les projets autour du voile foisonnent et rencontrent un accueil mitigé. Ils rencontrent bien souvent la critique, que ce soit par leur manque de réalisme, par les images qu’ils véhiculent ou par l’incompréhension générée par l’exposition des œuvres à un public de culture différente.

Quand l’art devient politique

L’art apparaît désormais comme une pièce maîtresse dans les conflits culturels. À défaut de poids physique, ce dernier comporte une dimension morale et une visibilité non-négligeables. Il n’y a qu’à voir le tapage médiatique autour des nouvelles œuvres de Banksy. L’artiste britannique dont l’identité reste encore à ce jour inconnue s’est invité à Gaza le temps de laisser une trace de son passage sur les pans de murs encore debout.

Profitant de la médiatisation propre à chacune de ses actualités, le graffeur a tenu à faire entendre son point de vue sur la question et dénoncer les conditions de vie des habitants de la ville palestinienne, qu’il qualifie de “plus grande prison à ciel ouvert du monde“. Il ajoute que cette définition est “injuste pour les prisons” car elles “n’ont pas l’électricité ou l’eau potable coupées sans raison pratiquement tous les jours“.

Le poids du monde artistique permet de rendre accessible des messages politiques divers. Cependant, leur portée varie selon la société à laquelle ils sont confrontés. Le voile est un sujet à manier avec des précautions différentes dans les pays de culture musulmane et dans les pays de culture judéo-chrétienne. C’est bien là toute la problématique du positionnement artistique et la source de la majorité de la critique qui lui est destinée.

Le voile, perçu comme une oppression par beaucoup d’occidentaux et par une partie des populations du Moyen-Orient ou du Maghreb, est très souvent utilisé dans les productions artistiques afin de dénoncer la condition féminine dans les pays de culture musulmane, ignorant parfois le consentement de bon nombre de femmes qui choisissent de l’arborer.

La transposition des valeurs occidentales et le rapport au corps féminin est bien souvent la clef de l’incompréhension de ces travaux. Maya-Inès Touam prend le contrepied de ces initiatives trop manichéennes en accompagnant ses photos de témoignages de femmes algériennes qui parlent de leur décision d’arborer ou non un type de voile ou un autre.

 
 
 

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